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Libération : un week-end d’hommages et d’animations

lundi 26 août 2019, par Mairie


Recueillement et festivités : le 75e anniversaire de la libération d’Angy a été marqué par un week-end riche en événements les 24 et 25 août 2019 à l’instigation de l’association du Souvenir français et de la municipalité.


Dès le vendredi 23 en soirée, une vingtaine de membres de l’association « N’oublie pas 44 » ont installé un véritable campement américain sur les espaces verts de la place du village.

A proximité, deux vieilles motos-pompes des sapeurs-pompiers donnaient la tonalité de ces journées invitant à faire un retour dans le passé.

Premier rendez-vous samedi 24 août : l’incontournable lever des couleurs que l’association de reconstitution historique a renouvelé les deux jours.

A 11 heures, une première cérémonie avait pour objet de rappeler le décès d’un angylois, René Fèvre. Le 31 août 1944, jour de la Libération de la commune, il a eu le tort de regarder la débâcle allemande aux jumelles de chez lui rue Jean-Jaurès. Malheureusement il a été repéré, interpellé par les soldats nazis et fusillés à 200 m de là rue des Roses.

Une gerbe de fleurs a été déposée par une représentante de N’oublie pas 44 au pied d’une plaque qui rappelle désormais ce destin tragique qu’a expliqué Pascal Rouyère, président de la section du Souvenir français.


Marie-Chantal Noury, maire d’Angy, a dévoilé la plaque en présence des personnalités et de la Garde américaine.

Après ce moment d’hommage, les participants devaient se déplacer vers la place du village pour commémorer le sacrifice du pilote américain Ray Delbert Packard, abattu par l’aviation allemande le vendredi 25 août 1944 au-dessus d’Angy.


Une trentaine de porte-drapeaux d’associations patriotiques du département avaient fait le déplacement.

Ils accompagnaient un détachement du Groupement de Picardie « Lafayette » affilié à l’American Legion de Paris, et un autre de la Honor Color Gard de l’association des anciens combattants franco-américains, ainsi qu’une cornemuse et un clairon.

« Nous sommes rassemblés pour réparer un oubli de l’histoire, a commencé Marie-Chantal Noury. En 1944, lorsqu’il s’est agi de concentrer les forces pour libérer l’Europe du joug nazi, de jeunes gens d’autres pays n’ont pas hésité à s’engager dans un conflit mondial qui les dépassait. Comme Ray Delbert Packard, un américain du Dakota du Sud de 20 ans, cadet de l’aviation formé au pilotage des avions P-38. Envoyé en Angleterre comme pilote remplaçant, il a rejoint le 18 août 1944 le 428e Escadron de chasse du 474e groupe de combat à Neuilly-la-Forêt, près d’Omaha Beach. Le 25 août 1944, pour sa première mission, il devait viser trois aérodromes proches de Laon. Mais son groupe de 23 chasseurs a croisé une cinquantaine d’avions allemands au-dessus de la vallée du Thérain. Ray Delbert Packard a probablement été touché dès le début de l’affrontement et son avion s’est écrasé près du fond de Lançon. Il a fallu 64 ans pour que des effets du pilote soient remis à son neveu, seul descendant de la famille, le 22 octobre 2008 lors d’une cérémonie officielle dans le cimetière national de Prescott, en Arizona, au cours de laquelle les honneurs militaires ont été rendus à Ray Delbert Packard. Avec Pascal Rouyère, par ailleurs conseiller municipal d’Angy, il nous est apparu important que le sacrifice de ce jeune homme pour la liberté d’un pays et d’habitants qu’il ne connaissait pas soit présent à tout jamais dans la mémoire des Angylois. En dévoilant une plaque à son nom sur ce monument aux morts, nous permettons à Ray Delbert Packard de rejoindre dans notre hommage unanime tous ceux qui ont donné leur vie au fil des conflits pour que nous vivions libres aujourd’hui. »

Prenant le relais, Alain Bodel, historien amateur, a brillamment retracé avec minutie la dernière matinée de Ray Packard. Il a expliqué que sa première mission d’escorte ce 25 août 1944 s’était transformée au dernier moment en mission d’attaque bien plus difficile, mais pour laquelle le novice avait été maintenu. « En route, le contrôle au sol annonce aux 23 pilotes de P-38 un grand nombre d’avions non identifiés volant dans leur direction, a-t-il raconté. Bientôt en visuel, à hauteur de Mouy, ils s’avèrent être des Messerschmitt 109. Les Américains désarment et larguent leurs bombes pour alléger leurs appareils, puis virent à gauche pour faire face. Le combat commence par un violent face à face à 4 000 m au-dessus de Cambronne-lès-Clermont. »

L’émotion est montée d’un cran quand la parole a été passée à Ferdinand Proot, un octogénaire d’Ansacq, qui a 13 ans a assisté à l’affrontement. « Les avions américains se dirigeaient vers Creil au ras du sol, et les avions allemands se trouvaient à une altitude supérieure. Je pense que les Américains ont fait en sorte d’avoir le soleil dans le dos pour ne pas être éblouis. J’ai vu le combat du début jusqu’à la fin. Les avions tombaient de tous les côtés, aussi bien allemands qu’américains. »


Alain Bodel a poursuivi pour illustrer au retour de la mission à 14 heures d’abord l’euphorie des victoires, puis l’inquiétude face aux 11 compagnons manquants et plus tard la consternation d’apprendre le décès de 4 d’entre eux, dont Ray Packard. « Le lieu de son crash ne sera trouvé qu’en 2006 par une équipe de bénévoles, aidée par Jean Boulat, ancien maire d’Angy, André Josse, témoin du crash, et Jean-Claude Godin, ancien maire de Bury et propriétaire du site, a complété Alain Bodel. Il y aura 75 ans demain, le lieutenant Packard, aux commandes de son P-38, a donné sa vie pour la libération de l’Europe. Nous, association du 474e Fighter Group, remercions vivement la commune d’Angy et vous tous ici présents. » Au son de la cornemuse jouant Amazing Grace, Pascal Rouyère et Eddie Rosier, ancien pilote de l’US Air Force, ont dévoilé la plaque commémorative à la mémoire de Ray Delbert Packard.


Soigneusement plié, le drapeau a été remis au maire d’Angy en l’absence de descendants du pilote.

Attaché de l’armée de l’Air à l’ambassade des Etats-Unis à Paris, le colonel Andrew K. Hamann a été le premier à déposer une gerbe au pied du monument.

Il a été suivi par Olivier Paccaud, sénateur et conseiller départemental, Béatrice Lacroix-Desessart, conseillère régionale, et Anne Fumery, conseillère départementale.

Puis par Maxime Minot, député, et Marie-Chantal Noury.

Et enfin par Virginie, membre de N’oublie pas 44.

Les sonneries aux morts américaine et française ont été jouées.

Ont ensuite retenti les hymnes des deux pays.

Tous les porte-drapeaux ont été remerciés par les personnalités, parmi lesquelles le commandant Christophe Ploquin, représentant le commandant de la base aérienne 110 de Creil, les maires et adjoints de Hermes, Hondainville, Bury, Saint-Félix, le major Aubin, commandant la brigade de gendarmerie de Mouy, l’adjudant Jean-François Chauvart, représentant le Contrôleur général directeur du SDIS, etc.

« Dans la mémoire collective, la libération de la France et de ses 36 000 communes à l’été 44 après 4 longues années de privations et d’humiliation, ce fut une explosion de joie, a souligné Olivier Paccaud. Et nous avons tous à l’esprit les images extraordinaires de cette foule acclamant sur les Champs-Elysées celui qui incarnait la France libre, la résistance, le Général de Gaulle. Mais la libération ne s’est pas faite sans heurts ni sans pleurs. Le sang a coulé durant cet été et plus particulièrement durant les derniers jours de ce mois d’août 1944. Le sang d’innocents, comme René Fèvre, de résistants et le sang aussi d’alliés, notamment des aviateurs, parce qu’à cette époque la liberté venait aussi du ciel, des libérateurs nés très loin de chez nous, parfois de l’autre côté du globe, qui sont venus en Europe, en France, libérer des terres qui n’étaient pas les leurs. Une commémoration est toujours un moment de méditation, de réflexion dont nous devons tirer les leçons. Il n’est pas courant de graver le nom d’un soldat étranger sur un monument aux morts français. Et pourtant, le nom de Ray Packard a toute sa place ici parce qu’il est mort pour notre liberté. La plus grande leçon des commémorations, c’est de ne jamais oublier. Et nous Français, savons tous ce que nous devons aux Etats-Unis d’Amérique. Il ne s’agit pas d’une amitié d’un jour, il s’agit d’une amitié de toujours de l’amitié du premier jour, car vous n’avez pas oublié que lorsque vous avez lutté pour votre indépendance, la France à travers Lafayette est venue vous aider. »

A cet instant, deux avions anciens ont fait leur apparition dans le ciel angylois.

Ils sont passés au-dessus de la place déclenchant les applaudissements avant d’effectuer un second passage.

« Ce sont un Piper, un avion de reconnaissance, et un Stearman, un avion d’école de pilotage, tous les deux de 1943 et de l’aérodrome de Beauvais », a précisé Pascal Rouyère.

« Ensemble, autour de ce monument, nous commémorons à la fois le dévouement, le courage, le sacrifice de nos anciens ainsi que celui de tous ceux qui ont combattu sous notre drapeau tricolore ou à côté, a renchéri Maxime Minot. Ils nous ont laissé un héritage précieux. Notre devoir est de continuer le combat pour transmettre cet héritage aux jeunes générations. Nous croyons tous en la démocratie, au respect de chacun ; nous tenons à défendre toutes nos libertés. Pour ce combat, il est capital d’être unis, solidaires et clairvoyants. C’est ensemble que nous continuerons à défendre nos démocraties et les droits humains. Que notre République soit démocratique, laïque, tolérante et libre. Combattre pour défendre nos valeurs démocratiques et culturelles apporte plaisir et joie. Il n’y a qu’à voir ce fabuleux travail qui a été réalisé ici par tous les bénévoles et par l’équipe municipale d’Angy pour ce week-end de commémoration. Je suis fier d’être votre député, et permettez-moi de vous féliciter pour votre investissement d’une très grande qualité. »

Invités par le maire au vin d’honneur servi dans la salle multifonction, les participants ont traversé le campement de N’oublie pas 44. Nommé voici trois semaines à l’ambassade américaine, pilote qui a combattu en Irak, le colonel Hamann, accompagné par sa fille Emilie, a apprécié les installations reconstituées dont une infirmerie de campagne.

Il a bien sûr été sollicité pour une photo souvenir avec des membres de l’association.

Dans la salle multifonction, le colonel Hamann et le maire d’Angy ont déposé le drapeau américain plié sur la boîte de vestiges du P-38 de Ray Packard légués à la commune par André Josse.

Le colonel s’est montré très attentif aux explications de chacun de ses interlocuteurs.

Avant le départ du colonel Hamann, les membres de N’oublie pas 44 ont surpris en faisant irruption en tenue de combat.

Dans l’après-midi, les membres de l’association ont simulé de façon très réaliste une attaque faisant un blessé aussitôt pris en charge par l’équipe médicale de l’hôpital de campagne.

Durant le week-end, l’exposition de 60 panneaux sur la guerre 39-45 dans l’Oise aimablement prêtée par le Conseil départemental a intéressé de nombreux visiteurs.

Elle était prolongée par une exposition préparée par le Souvenir français sur Ray Packard, sur les recherches à l’endroit de son crash et sur le conflit mondial dans la vallée du Thérain, et complétée par des vestiges de l’avion de Ray Packard, des pièces prêtées par M. et Mme Gallego et léguées à la ville par André Josse, récemment décédé.

Dans la salle Emilienne-Denant, un montage vidéo réalisé par Frédéric Gueble retraçait toute l’histoire du P-38 que pilotait Ray Packard.

En début de soirée, le groupe Adèle Chignon composé de la chanteuse Frédérique Caillon-Cristofani, et des musiciens Jérôme Jasmin et Fabrice Leroy, a emmené les spectateurs pour un périple dans un siècle de chansons anciennes.

Les artistes sont passés d’Offenbach à Jeanne Moreau, de Fréhel à Piaf, de Joséphine Baker à Charles Trenet, faisant même un crochet par Bobby Lapointe et sa « Cathy » !

Vers 22 heures, le groupe de quatre musiciens des Gumballs (une vieille marque de boules de chewing-gum) a investi la scène en livrant une heure et demie d’un énergique rock des années 1960.

Dimanche 25 août, les membres de N’oublie pas 44, qui ont renseigné les visiteurs durant tout le week-end, ont détaillé scrupuleusement l’équipement d’un parachutiste américain.


Chico et ses amis avaient accepté de quitter un rassemblement national de vieilles voitures à Béthune pour exposer leurs magnifiques modèles américains.

Une dizaine de vieilles voitures ont fait l’admiration du public.

En fin de journée, Suzanne, l’épouse d’André Josse, a accepté de retourner sur les lieux du crash où venait souvent son mari accompagnée par Pascal Rouyère et Marie-Chantal Noury dans l’une des jeeps de N’oublie pas 44 conduite par Noémie.

Afin de remercier les membres de N’oublie pas 44 pour leur participation gracieuse, Pascal Rouyère a remis au président Eddie Jolivet deux morceaux du P-38 de Ray Packard.

Retrouvez ou découvrez le rythme des Gumballs sur Youtube.

Les Gumballs musique 1 : https://youtu.be/skbE9AvxfzY
Les Gumballs musique 2 : https://youtu.be/0eLHgaThW30
Les Gumballs musique 3 : https://youtu.be/ywM3tkmSIOg
Les Gumballs musique 4 : https://youtu.be/n9ZU9_F9n_U

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